Aix-en-Provence rassemble dans son centre ancien une série de monuments qui illustrent la continuité de son histoire. La cathédrale Saint Sauveur, avec son cloître roman et ses ajouts gothiques, forme un ensemble religieux majeur au nord de la vieille ville. Plus au sud, l’église Saint Jean de Malte incarne le gothique méridional au cœur du quartier Mazarin, tandis que les fontaines du Cours Mirabeau rythment l’allée la plus emblématique de la cité. L’Hôtel de Ville, la Halle aux Grains, la Tour de l’Horloge et la tour de Joseph Sec complètent cet ensemble d’architecture civile, entre place de marché, façades classiques et curiosités sculptées.
Les musées occupent plusieurs bâtiments historiques. Le musée Granet présente peintures et sculptures de différentes périodes, et le musée Paul Arbaud, installé dans un hôtel particulier, conserve une importante collection de faïences et de céramiques régionales. L’Atelier Paul Cézanne, resté proche de son état d’origine, permet d’approcher le cadre de travail du peintre, tandis que le Pavillon Vendôme associe jardin régulier et demeure aristocratique. Le centre de documentation historique sur l’Algérie, installé dans la ville, conserve quant à lui archives, ouvrages et témoignages liés à l’histoire contemporaine. Autour d’Aix, la Fondation Vasarely présente des œuvres monumentales d’art optique à l’ouest de la ville, tandis que l’oppidum d’Entremont rappelle l’implantation celto ligure sur le plateau dominant l’agglomération.
Les environs immédiats offrent d’autres points d’ancrage au patrimoine. À Éguilles subsistent des vestiges d’un aqueduc romain et l’immense aqueduc de Roquefavour franchit le vallon en arches superposées, visible aussi depuis Ventabren, village perché qui domine la vallée. Le château de Saint Pons et le jardin d’Albertas, avec leurs terrasses, bassins et escaliers, illustrent l’art des jardins d’agrément. Au Tholonet, au pied de la montagne Sainte-Victoire, un château du XVIIIe siècle se détache entre vignobles et pinèdes, tandis que Saint Marc Jaumegarde conserve un château remanié à l’époque moderne, dans un paysage de collines boisées et de petits lacs de retenue.
Arles rassemble l’un des ensembles antiques les plus étoffés de la région. La nécropole des Alyscamps et son allée de sarcophages témoignent des pratiques funéraires tardo antiques, tandis que les cryptoportiques, galeries souterraines sous l’ancien forum, montrent l’organisation du centre romain. Les thermes de Constantin, les arènes romaines et le théâtre antique structurent encore le paysage urbain, associés à l’Hôtel de Ville du XVIIe siècle et aux places voisines. L’église Saint Trophime et son cloître de style roman, l’église Saint Honorat et les autres édifices religieux médiévaux rappellent le rôle de la ville comme étape sur les chemins de pèlerinage.
Les musées complètent cette lecture de la cité. Le musée Réattu, installé dans un ancien grand prieuré, présente œuvres modernes et contemporaines, dont des pièces de Dufy, Léger et une donation Picasso. Le musée départemental Arles antique, souvent appelé musée de l’Arles et de la Provence antiques, rassemble sculptures, mosaïques, objets de la vie quotidienne et maquettes évoquant le port fluvial et l’urbanisme antiques. Le Muséon Arlaten, musée d’ethnographie fondé par Frédéric Mistral, a rouvert après une longue rénovation et propose aujourd’hui un parcours consacré aux cultures et aux modes de vie en Provence sur plusieurs siècles. Aux portes de la ville, l’abbaye de Montmajour se dresse sur un îlot rocheux, avec son cloître, sa tour et ses bâtiments monastiques ouverts sur les marais.
Plus à l’ouest, le territoire camarguais accueille plusieurs lieux d’interprétation. Au Pont de Rousty, le musée de la Camargue, installé dans un mas, présente l’évolution du delta, l’élevage des taureaux et des chevaux, la riziculture et les usages du territoire. À Pont de Gau, en bordure de l’étang de Ginès, un centre consacré à la faune et aux paysages permet d’observer flamants roses, hérons et autres oiseaux d’eau dans un espace de marais aménagé. Saintes Maries de la Mer, avec l’église Notre Dame de la Mer, associe fonction paroissiale et rôle de forteresse, et reste un lieu de pèlerinage majeur. Plus au nord, Saint Martin de Crau, Miramas le Vieux et Saint Martin de Crau avec son église néo romane illustrent l’occupation plus pastorale de la Crau, entre villages perchés et plaine caillouteuse.
Le massif des Alpilles et ses abords concentrent de nombreux villages perchés et sites castraux. Les Baux de Provence dominent la vallée depuis leur citadelle, avec la chapelle Saint Blaise, plusieurs hôtels particuliers et des espaces muséographiques comme l’imprimerie Louis Jou ou le musée Yves Brayer. À proximité, le manoir de la Tour de Brau abrite un musée lapidaire, et le Pavillon de la Reine Jeanne rappelle l’importance des lieux dans l’histoire régionale. Fontvieille, au pied du plateau, conserve l’aqueduc et la meunerie romaine de Barbegal, ensemble hydraulique exceptionnel, ainsi que le moulin associé à l’imaginaire littéraire d’Alphonse Daudet. Un peu plus loin, la chapelle Saint Gabriel, isolée dans la campagne, offre un exemple remarquable d’architecture romane.
Saint Rémy de Provence juxtapose les monuments antiques des Antiques, à l’entrée de la ville, et le cloître de Saint Paul de Mausole au milieu des champs d’oliviers. La collégiale Saint Martin et l’Hôtel Estrine, devenu lieu d’exposition d’art moderne, structurent le centre ancien. Eygalières met en valeur la chapelle Saint Sixte, édifiée sur une butte et entourée de cyprès, tandis que Tarascon aligne le château du Roi René sur les rives du Rhône, la collégiale Sainte Marthe et la maison de Tartarin dans son tissu urbain. Châteaurenard, avec la tour de Griffon dominant la plaine, et Miramas le Vieux, village ceint de ruines de remparts, complètent cet ensemble de villages fortifiés.
Plus à l’est, plusieurs abbayes et châteaux structurent la vallée de la Durance et la transition vers la Crau. À La Barben, le château perché sur un éperon rocheux domine un parc paysager, tandis que l’abbaye de Silvacane, à La Roque d’Anthéron, figure parmi les grands monastères romans de Provence, avec son église épurée, son cloître et ses bâtiments conventuels. Graveson ouvre la route vers l’abbaye Saint Michel de Frigolet, enfouie dans la pinède entre Tarascon et Barbentane, où se dresse également un château flanqué de la tour Anglica. Boulbon conserve la chapelle romane Saint Marcellin, posée sur un promontoire donnant sur le Rhône. Plus au sud, autour de Saint Chamas, le pont Flavien, pont romain à arches et arcs de triomphe, se détache au-dessus de la Touloubre, tandis que Saint Mitre les Remparts présente encore une enceinte médiévale qui domine l’étang de Berre. Vernègues, enfin, abrite les vestiges d’un temple romain et d’un ancien village détruit par un séisme, dont les ruines restent visibles sur le plateau.
Marseille offre un patrimoine très étendu, qui associe monuments religieux, architecture portuaire et réalisations contemporaines. Sur le front de mer se succèdent l’ancienne cathédrale de la Major de style roman et la cathédrale de la Major à coupoles, les basiliques Saint Victor et Notre Dame de la Garde, la corniche et les forts qui surveillent l’entrée du port. Le Vieux Port reste le centre symbolique de la ville, encadré par le fort Saint Jean, l’Hôtel de Ville et les quais animés. La Vieille Charité, ancien hospice reconverti en centre culturel, la Maison Diamantée dédiée au vieux Marseille, le Jardin des Vestiges et le musée d’histoire de Marseille, le Palais de la Bourse où se trouvent les collections liées à la marine et à l’économie, ainsi que le Palais Longchamp qui abrite notamment le muséum d’histoire naturelle, constituent un ensemble cohérent de lieux d’exposition. Le musée Cantini, orienté vers l’art moderne, et la Cité Radieuse, unité d’habitation de Le Corbusier désormais classée au patrimoine mondial, complètent ce panorama d’architecture du XXe siècle.
Les quartiers périphériques présentent aussi des particularités patrimoniales. À Château Gombert, une église du XVIIIe siècle et un musée des arts et traditions populaires occupent le cœur du village, et les grottes Loubière, situées à proximité, ainsi que la commune voisine d’Allauch avec son église, son musée et ses moulins à vent, rappellent l’occupation ancienne des collines. Plus à l’ouest, Martigues aligne le quai Brescon, la chapelle de l’Annonciade, l’église Saint Genies et l’église de la Madeleine autour de ses canaux. Le musée Ziem, installé à Ferrières sur la rive nord, présente des collections liées aux paysages et à la peinture régionale. Non loin, le site de Saint Blaise, avec sa chapelle romane du XIIe siècle, son rempart hellénistique et un petit musée, évoque un oppidum occupé depuis l’Antiquité.
Sur la côte vers l’est, Cassis et La Ciotat forment deux étapes maritimes importantes. Cassis se concentre autour de son port dominé par un château, avec un musée des arts et traditions populaires installé dans un ancien bâtiment communal. La Ciotat conserve un vieux port, une église et plusieurs façades de négociants tournées vers la mer, et s’ouvre sur des calanques et criques qui prolongent celles de Marseille. À proximité, le musée de Tauroentum, à Les Lecques, présente des vestiges d’une villa et d’installations romaines en bord de mer. Entre les deux villes, la route des crêtes suit les falaises et offre de nombreux points de vue sur la mer et sur les reliefs intérieurs. Sur l’autre rive de l’étang de Berre, Fos sur Mer juxtapose château et remparts anciens avec les installations industrielles du port moderne, tandis que Bouc Bel Air associe habitat résidentiel et jardin d’Albertas dans la campagne environnante.
Plusieurs communes abritent des lieux consacrés à l’histoire militaire, religieuse ou littéraire. Aubagne accueille le musée de la Légion étrangère, qui retrace l’histoire de cette arme à travers uniformes, objets et documents. Salon de Provence présente le château de l’Empéri, forteresse médiévale devenu musée militaire, ainsi que la maison de Nostradamus, transformée en espace d’interprétation consacré à la vie et aux écrits de l’astrologue. À Tarascon, la maison de Tartarin prolonge l’univers littéraire imaginé par Daudet, en écho au moulin de Fontvieille. Saint Rémy de Provence, avec l’Hôtel Estrine, développe une programmation d’expositions d’art moderne et contemporain en lien avec les paysages qui ont inspiré Van Gogh.
D’autres musées s’attachent à la vie quotidienne et aux traditions locales. Le musée des arts et traditions populaires de Cassis et celui de Château Gombert conservent objets, vêtements, outils et reconstitutions de scènes de vie provençale. Le Muséon Arlaten à Arles et le musée Ziem à Martigues participent également à ce réseau de lieux où l’art et l’ethnographie se répondent. En Camargue, le musée de la Camargue au Pont de Rousty et les installations de Pont de Gau donnent des clés de lecture sur les paysages, les élevages, la chasse, la pêche et les pratiques agricoles. À Saintes Maries de la Mer, l’église fortifiée reste le centre du village et le point de convergence des processions, tandis que Saint Martin de Crau, Saint Mitre les Remparts, Saint Chamas ou encore Saint Blaise témoignent de la densité des sites fortifiés et des édifices religieux qui jalonnent la plaine, la Crau et les rives de l’étang de Berre.
Dans cet ensemble géographique, les villages perchés, les châteaux, les abbayes et les sites antiques forment un maillage serré, complété par des musées d’art, d’histoire, d’ethnographie ou de mémoire militaire. Des grands pôles urbains comme Marseille, Aix-en-Provence ou Arles jusqu’aux petites communes de la Crau ou des Alpilles, le patrimoine bâti et les collections publiques offrent une lecture continue des paysages, des croyances, des échanges commerciaux et des formes artistiques qui ont marqué le territoire.